Accueil triomphal pour Mariam Sankara à Ouagadougou

vendredi 15 mai 2015

Source|Agence de Presse Africaine -14 mai 2015


Ouagadougou (Burkina Faso).
La veuve du feu président burkinabè, Thomas Sankara (1983-1987) [1], Mariam Sankara, est arrivée, jeudi après-midi à Ouagadougou où elle a bénéficié d’un accueil triomphal, a constaté l’APA.
‘’C’est avec beaucoup de joie que je foule le sol du Burkina Faso. Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à cela, notamment ceux qui ont fait partir le dictateur Blaise Compaoré’’, a-t-elle déclaré à la presse, dès sa sortie du salon d’honneur.

La foule massée dans l’enceinte de l’aéroport, a entonné le Dytanié, l’hymne national du Burkina Faso pour l’accueillir. À la devanture de l’aéroport et durant tout le long du parcours qui l’a conduite à son site d’accueil, l’épouse de Thomas Sankara a été ovationnée, acclamée par des milliers de personnes.
Il y avait plusieurs banderoles et pancartes avec des messages élogieux pour Thomas Sankara. Certaines personnes clamaient : ‘’afin la vraie première Dame est là’’, ‘’Justice pour Thomas Sankara’’, etc.
Debout dans le véhicule décapotable qui la transportait en compagnie de certains partisans, Mariam Sankara a été suivie par une longue file de véhicules de motos, vélos. La veuve de Sankara va assister samedi et dimanche, à la convention des partis sankaristes, a-t-on appris auprès des organisateurs de cet événement.

L’autre motif de sa présence est l’affaire concernant le dossier de l’assassinat de son défunt mari. A ce sujet elle devrait être auditionnée le lundi 18 mai prochain. À propos de ce dossier, le Tribunal militaire, à travers un communiqué signé du commissaire du gouvernement, avait invité, il y a de cela quelques jours, les ayants droits des personnes concernées, à prendre attache avec les autorités compétentes. Il s’agit des conjoints, ascendants et descendants de Thomas Sankara et des 12 autres personnes décédées lors des événements (coup d’État) du 15 octobre 1987.

Les nouvelles autorités burkinabè, notamment le président du Faso Michel Kafando, dès sa prise de fonction, le 21 novembre dernier, avait promis de relancer certains dossiers de crime de sang dont celui de Thomas Sankara. Le dossier a été confié, courant fin mars dernier, au Tribunal militaire.


[1Thomas Sankara est un homme politique anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabé. Il incarne et dirige la révolution burkinabé à partir du 4 août 1983 : il fait notamment changer le nom de la Haute-Volta, nom issu de la colonisation, en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula et signifie pays des hommes intègres. Il conduit une politique d’affranchissement du peuple burkinabè. Son gouvernement entreprend des réformes majeures pour combattre la corruption et améliorer l’éducation, l’agriculture et le statut des femmes.
Il est assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’État qui amène au pouvoir Blaise Compaoré aujourd’hui chassé du pouvoir.