Le continent africain crée sa propre OMC

jeudi 29 mars

Source |Font Russ - 28 mars 2018
traduction Yves Castay


La zone de libre-échange africaine vise à créer un marché unique pour les biens et services en Afrique. D’ici 2030, la taille du marché devrait être de 1,7 milliard de personnes, le volume des dépenses des consommateurs et des entreprises sera de 6,7 milliards de dollars si d’ici là tous les pays africains rejoignent la zone de libre-échange ; 10 pays, dont le Nigeria, n’ont pas encore signé l’accord.

L’objectif est de créer un marché unique continental pour les biens et services avec la possibilité de libre circulation des entrepreneurs et des investissements.

Cet accord peut grandement aider les pays du continent. L’accord commercial devrait conduire à un cycle qualitatif de développement du commerce intra-africain, qui à son tour contribuera à une transformation structurelle de l’économie - la transition d’activités à faible productivité et à forte intensité de main-d’œuvre vers une productivité plus élevée et des processus de production intensifs. Cela créera à son tour des emplois mieux rémunérés et aidera à faire face à la pauvreté.

Mais la signature de l’accord n’est qu’un début - les 22 pays doivent le ratifier avant qu’il n’entre en vigueur. Leurs assemblées législatives nationales devraient officiellement approuver et autoriser la structure, démontrant ainsi leur engagement total en faveur de sa mise en œuvre. Le président du Nigeria, Isuf Mahamadu, cherche à achever le processus de ratification d’ici janvier 2019.
Certaines études ont montré qu’en créant un marché panafricain, le commerce intra-africain peut croître d’environ 52 % d’ici 2022.

L’amélioration de l’accès au marché créera des économies d’échelle. Combiné aux politiques industrielles pertinentes, cela contribue à la diversification du secteur industriel et à la croissance de la valeur ajoutée dans l’industrie manufacturière.

La croissance industrielle, et avec elle plus d’emplois, c’est ce dont l’Afrique a cruellement besoin. L’industrie fournit entre un quart et un tiers du nombre total d’emplois dans d’autres régions du monde. Et les jeunes en Afrique sont deux fois plus susceptibles de devenir chômeurs que les adultes. Il s’agit d’une situation extrêmement critique, étant donné que plus de 70 % de la population de l’Afrique subsaharienne est âgée de moins de 30 ans. En outre, 70 % des jeunes en Afrique vivent avec moins de 2 dollars par jour.

On suppose que la zone de libre-échange continentale créera d’importantes possibilités d’industrialisation, de diversification de l’économie et de création d’emplois hautement qualifiés en Afrique.

Un marché continental unique offrira l’occasion de développer la production et le commerce intra-africain par le biais de produits à valeur ajoutée, en passant de l’économie des produits de base et des exportations à la diversification de l’économie.

Mais pour accroître l’influence de l’accord commercial, une politique industrielle saine est nécessaire. Elle devrait se concentrer sur la productivité, la concurrence et la diversification. En d’autres termes, les gouvernements devraient créer des conditions favorables à l’augmentation de la productivité conformément aux normes internationales de compétitivité. L’objectif est de rendre les produits fabriqués dans les pays africains compétitifs sur le continent et à l’étranger.« »



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