Russie-Brésil : un partenariat stratégique en pleine expansion

jeudi 24 septembre 2015
par  Alexei Baliev

Sources | Strategic Culture Foundation - 22 septembre 2015
Traduction Yves Castay (les sous-titres sont de la rédaction)


Au cours de sa visite au Brésil l’été dernier, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que « la Russie et le Brésil partagent des approches communes aux défis clés mondiaux. » Ceci a été corroboré une fois de plus mi-septembre, lors du premier Forum économique russo-brésilienne [1]et de la réunion de la Commission russo-brésilienne sur la coopération, à laquelle ont assisté le Premier ministre russe Dmitri Medvedev et le vice-président brésilien Michel Temer.

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a déclaré : « Le Brésil est notre partenaire stratégique en Amérique latine. Nos relations sont fondées sur une longue histoire, le respect mutuel et la confiance. Nous avons une vision commune de la situation actuelle dans les relations internationales. Nous travaillons ensemble dans différents formats internationaux, y compris les BRICS  ». Il a affirmé en particulier que le Brésil était devenu l’un des plus importants fournisseurs de produits agricoles et alimentaires sur le marché russe.
Dans un proche avenir, il est prévu d’augmenter le commerce russo-brésilien d’au moins 50% par an, jusqu’à 10 milliards de dollars, et de le faire principalement en augmentant les importations brésiliennes d’équipements industriels russes, et augmenta côté russe les importations de produits agricoles brésiliens, en particulier la viande bovine. En outre, les Brésiliens prévoient de fournir investissement et technologie en vue de la mise en place d’installation de pointe pour le traitement et le stockage à long terme de produits de base de viande.

Bien sûr, les deux pays élargissent leur coopération au-delà de l’agriculture. La Russie et le Brésil ont convenu de travailler ensemble dans l’espace et dans l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. La délégation brésilienne, dirigée par Michel Temer [2], a confirmé sa demande croissante pour la technologie russe et l’investissement dans au moins dix secteurs de l’économie nationale. Un accord a été signé pour la construction au Brésil d’une troisième station de contrôle du système de navigation russe GLONASS-SM [3]. Les deux parties ont également convenu d’augmenter les importations brésiliennes d’hélicoptères russes et autres équipements et technologies militaires connexes.

Les fruits de ces négociations avec Moscou reflètent bien la tendance générale de la communauté des affaires au Brésil, qui possède l’une des grandes économies du monde, à approfondir son partenariat avec la Russie. Dans son discours au Forum économique russo-brésilien, Michel Temer a indiqué l’intérêt croissant de la part du Brésil et de ses entreprises non seulement pour l’économie Russe, mais aussi pour l’ensemble de l’Union économique eurasiatique [4]. Elles sont particulièrement intéressées par les technologies liées à l’industrie, la production d’énergie, et au développement des infrastructures de transport, y compris les ports maritimes. Un partenariat de commerce et d’investissement mutuellement bénéfiques dans ces secteurs sera développé plus activement.

Des échanges commerciaux en expansion

Selon les experts des chambres nationales de commerce, l’investissement brésilien en Russie pourrait atteindre le niveau de 15 milliards de dollars, et celui des Russes au Brésil au moins 25 milliards de dollars. Les principaux secteurs déjà prévus pour l’injection de capitaux sont : le transport, le transport d’énergie, la sylviculture, la préservation de l’environnement, et les industries chimiques et alimentaires.
Rosrybolovstvo [5] et le ministère brésilien de la pêche et de l’aquaculture ont un accord en place pour appuyer des projets communs dans les industries de la pêche des deux pays. Une décision a été prise de créer un groupe de travail bilatéral pour poursuivre de tels projets.

Les liens entre la Russie et le Brésil ont été également renforcé par le fait qu’au cours des dernières années les entreprises occidentales ont réduit leurs investissements dans les industries de haute technologie de l’économie brésilienne, qui pour autant continue de rivaliser avec succès avec l’Occident. Selon les estimations, les ventes de produits high-tech brésiliennes vers l’Ouest ont augmenté d’environ un tiers entre 2000 et 2014.
On le voit, la présence économique de la Russie au Brésil est évidente au regard des 20 projets conjoints qui y sont prévues ou en cours. Les deux pays, par exemple, sont actuellement aux prises avec les défis du développement économique intégré des régions reculées, respectivement de la Sibérie orientale ( Extrême-Orient russe) et de l’Amazonie brésilienne,. Les perspectives d’expansion des investissements et des technologiques qui y sont associées semblent très prometteurs (environ une douzaine de projets communs sont prévus.)

En plus, le Brésil est un leader mondial dans la pleine utilisation des déchets des industries alimentaires et de la sylviculture. Cela est particulièrement vrai quand il s’agit du transport : par exemple, plus de la moitié des voitures au Brésil aujourd’hui peuvent fonctionner au biocarburant (un mélange de fuel et de l’éthanol). Selon de nombreux experts russes et brésiliens, il pourrait y avoir une forte demande en Russie.
Il est à signaler que jusqu’à 70% des marchandises russes exportées au Brésil et en Amérique latine sont des produits hautement techniques et scientifiques, à la différence des importations occidentales traditionnelles de la Russie, qui se composent presque exclusivement de matières premières ...

Les transactions en monnaies nationales...

La Russie et le Brésil étudient actuellement les solutions pour commencer leurs transactions en monnaies nationales. Le sous-ministre russe du Développement économique, Aleksei Likhachev, a déclaré lors du forum russo-brésilien qu’il devenait chaque jour plus urgent d’utiliser les monnaies nationales. « Ceci, d’une part, est due à des sanctions qui sont imposées contre un certain nombre de sociétés russes, et de l’autre parce que les fluctuations des monnaies nationales par rapport au dollar créent des risques supplémentaires et des déséquilibres dans le commerce extérieur  », a-t-il dit, opinion qui a été aussi reprise par le Vice Président Michel Temer.
Un groupe de travail sur la coopération en matière financière et bancaire travaille sur ces questions liées à l’élargissement de l’utilisation des monnaies nationales russes et brésiliennes pour le règlement des transactions entre les deux pays.

Il faut souligner que les institutions financières brésiliennes sont particulièrement intéressées à l’augmentation à l’exportation de fonds destinés à des prêts et à des investissements dans les monnaies nationales. La Banque centrale de Russie étudie actuellement les problèmes pratiques liés à la transition vers l’utilisation du rouble russe et du réal brésilien, de sorte qu’ils ne soient plus arrimé au dollar américain.


[1Ce forum s’est tenu à Moscou le 16 septembre dernier

[2Vice président du Brésil

[3GLONASS est un système de positionnement par satellites (comme le GPS) d’origine soviétique. Il est composé de trois parties : la partie spatiale constituée de satellites, la partie au sol composée de stations de contrôle et la partie récepteurs utilisant les signaux des satellites. À l’heure actuelle, la constellation russe GLONASS comprend 28 satellites de navigation Glonass

[4L’Union économique eurasiatique, est une union économique comprenant la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Arménie

[5Agence d’État de pêche russe. S’occupe entre autre des quotas de pêche du plateau continental et dans la zone économique exclusive de Russie.


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