5ème conférence de l’Unité africaine pour la Renaissance

L’Afrique aurait dû être unie hier ; elle doit l’être maintenant !
jeudi 13 août 2015
par  Pambazuka News

Source | Pambazuka - 3 août 2015


Déclaration de Soweto (extraits) [1]
La 5ème conférence de l’Unité africaine pour la Renaissance s’est déroulée du 22 au 25 mai à Soweto en Afrique du Sud. La décision de tenir la conférence à Soweto et de donner son nom à la déclaration, est symbolique du "changement de la géographie de la raison" requise pour amener des changements positifs, compte tenu des réalités d’inégalités des relations spatiales, économiques et sociales persistantes en Afrique. Il est également approprié de commémorer les sacrifices et la riche historie de résistance contre l’Apartheid. Des délégués venus de tout le continent, ainsi que du reste du monde, se sont joints aux participants sud-africains pour articuler ce qui est requis pour la création d’une Afrique unie, libérée, renaissante et prospère. (...)

Recommandations de la déclaration de Soweto

1 - L’Union africaine doit convaincre tous ses membres de faire du mois de mai le mois de l’éducation à la libération africaine et désigner le 25 mai comme la Journée de la libération africaine. La Journée de la libération africaine doit être prononcée comme la journée où tous les peuples d’Afrique se rejoignent dans la rééducation afin de construire l’unité panafricaine et la promotion d’un agenda africain complet.

2 - Des modèles d’établissement ou de centres d’éducation, où les futurs enseignants sont formés pour transmettre un savoir positif du panafricanisme à tous les enfants vivant dans les différents pays africains ainsi que dans ceux de la diaspora, doivent être développés et mis en œuvre.

3 - Les actes xénophobes ou anti-Africains démontrent l’échec du panafricanisme aussi bien dans la création de l’unité et dans une appréciation partagée de l’humanité de l’autre, que pour n’avoir pas abordé le problème de la pauvreté et l’inégalité persistantes, le manque d’emploi, le fait d’être inemployable, le désespoir et une vie privée de dignité. Ceci devrait être l’appel du clairon pour répandre l’éducation panafricaine dans toute l’Afrique, avec pour tâche primordiale et urgente la rééducation. Toutes voies possibles pour atteindre cet objectif, y compris les tribunes en lignes et d’autres, devraient être explorées, développées et mises en œuvre afin d’adresser ce problèmes

4 - Réaliser une Afrique prospère, non exploitante, par des politiques et des pratiques effectives requiert une communication améliorée et la collaboration entre les intellectuels africains, les gouvernements, le monde des affaires et la société civile. Les travaux qui encouragent ces connections doivent être encouragés afin de créer des économies et des politiques vitales et unies, dans lesquels tous les secteurs de la population sont représentés.

5 - Le service civil est un service. Les fonctionnaires publics doivent servir et non s’efforcer d’être les maîtres. La corruption doit être éliminée. Au sein du leadership africain, le service public et la responsabilité envers la population doivent être activés. Afin de contribuer positivement à ce travail et pour demander des comptes quant à la performance du leadership, son honnêteté et son intégrité, le Réseau de l’Unité africaine pour la renaissance va créer un Index des services publics africains. Des efforts de formation pour le service, la promotion active de la valeur et des bénéfices des alliances panafricaines et insister sur l’importance de la création d’une indépendance des sources de financement externes sera également entreprise.

6 - L’intégration interafricaine est encore très limitée, le commerce et l’investissement souffrant des distances. Il est urgent de combler ce fossé en faisant la promotion du renforcement global des échanges et investissements interafricains au plan économique, éducationnel, social, culturel et du commerce lié à l’emploi. Plus de collaboration dans le développement technologique et des infrastructures est aussi urgemment requis.

7 - L’Afrique a un rôle de pionnier pour l’entreprenariat social pour la prospérité et l’égalité et pour redéfinir le développement en construisant sur les riches valeurs et traditions créées par les Africains. L’Afrique n’a pas besoin de rattraper qui que ce soit mais doit plutôt générer le bien-être par le savoir africain profondément enraciné qui pourrait servir d’exemple au reste du monde.

8 - Aussi bien les leaders que la population doivent apprendre à suivre ce chemin. Ils doivent attirer le financement du développement africain par des contributions provenant de leurs propres ressources plutôt que par des prêts, des dettes et des donations. Les contributions de coopération pour le développement mutuel, ainsi que le rejet des donations et le financement extérieurs doit devenir une réalité maintenant pas en 2063.

9 - L’Afrique doit totalement investir dans les capacités et les talents de ses enfants dans la diaspora. Les dirigeants africains et les institutions doivent favoriser la capacité des Africains à trouver des financements africains afin de faire revenir les cerveaux et devraient établir une infrastructure et un financement pour les cerveaux qui reviennent.

10 - L’Unité africaine est à la fois nécessaire et suffisante pour parvenir à la totale indépendance économique et politique. Le Au/Nepad doit être encouragé à être actif dans la Conférence de l’Unité africaine pour la renaissance afin de faire connaître la manière dont tous les protagonistes peuvent contribuer à transformer l’Afrique structurellement, plutôt que juste par des protocoles qui souvent restent lettre morte.

11 - Il est nécessaire de ré imaginer l’Afrique comme un innovateur et l’heure est venue de faire usage du panafricanisme afin d’intégrer le savoir total, l’invention, l’innovation, l’instruction et la compétence pour reconstruire une culture. Pas d’unité panafricaine, pas d’agence africaine signifie qu’il n’y aura pas de Renaissance pour l’Afrique et pour les Africains qui ne posséderont pas leur économie, ni aujourd’hui, ni en 2063. Les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques doivent devenir essentielles pour les jeunes. Tous les ministères de la science et de la technologie en Afrique doivent commencer à mettre en œuvre une solide recherche africaine.

12 - L’Unité africaine pour la Renaissance, qui a débuté en Afrique du Sud peut servir de tribune pour créer et inspirer les nouveaux leaders du panafricanisme au travers de l’établissement de programmes de recherches, des universités et des réseaux de partenariat qui incluent la société civile, le professorat, les gouvernements, l’industrie et les universités. De telles activités sont intégrales à la création de l’Afrique que nous souhaitons voir. L’engagement pour l’agenda 2063 doit continuer à faire de l’unité africaine un processus quotidien et non une projection prolongée au bout de 50 ans


[1pour le texte complet aller sur :
Pambazuka


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