Ce qu’il faut retenir des sommets des Brics et de l’OCS d’Oufa

lundi 20 juillet 2015
par  Victoria Issaïeva

Source | Sputnik - 13 juillet


Trois jours de débats intenses, de rencontres de haut niveau et enfin d’un nombre important de documents signés...
Voilà le bilan du marathon politique qui s’est terminé à Oufa [1] le 10 juillet. Deux organisations interétatiques dont les Brics et l’OCS [2], les deux présidées cette année par la Russie, ont dressé à l’issue des sommets des plans de travail et de coopération pour cinq et dix ans respectivement.

La Nouvelle Banque de Développement des BRICS

Les nouveaux institutions créées par les Brics dont la Nouvelle banque de développement qui participera aux premiers projets en 2016 et le Fonds commun de réserves de change de 100 milliards de dollars sont une réponse adéquate de la part du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’’Afrique du Sud à la réalité économique changeable que l’Occident ne veut pas prendre en compte.

Le président de la délégation indienne au sein du Conseil d’affaires des Brics et le président Onkar Kanwar du groupe AppoloTyres [3] a déclaré dans une interview lors du sommet à Oufa que les cinq pays représentaient une force qui pourrait aujourd’hui soutenir l’économie mondiale. En s’exprimant sur la Nouvelle banque de développement, M. Kanwar s’est penché sur les perspectives de la création d’une telle banque : « Cette banque nous ouvre de nombreuses nouvelles voies tant à une coopération multilatérale qu’à celle entre la Russie et l’Inde… La création de la banque est une réelle possibilité pour l’Inde et d’autres pays du groupe de traiter notre plus grande maladie qu’est le chômage. On pourra donc créer de nouveaux emplois. Nous avons également besoin de l’infrastructure et l’expérience de la Russie, la coopération avec votre pays pourraient nous aider à résoudre ce problème ».

Le sommet de l’ Organisation de coopération de Shanghaï (OCS)

Le deuxième sommet celui de l’Organisation de coopération de Shanghai a également abouti à un tas de décisions concrètes officialisées par les pays membres. L’OCS qui vise à renforcer la stabilité et la sécurité dans la région, a adopté une stratégie de développement jusqu’en 2025. Les membres ont dénoncé la pression qui se fait par certains pays sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU. Comme il est indiqué dans la déclaration d’Oufa, les pays de l’OCS respectent le droit de chacun de choisir sa voie politique, économique, socio-culturelle compte tenu de l’expérience historique et des particularités nationales de chaque État, qu’ils favorisent le dialogue interétatique, la paix commune, le progrès en suivant le principe de non-intervention dans les affaires intérieures, de respect de la souveraineté nationale et de l’unité territoriale des États membres de l’OCS.

Conçue comme une organisation de coopération dans les domaines militaire et sécuritaire, l’OCS a élargi par la suite ses compétences au-delà de ces sphères. La coopération économique, énergétique, scientifique et culturelle fait également l’objet des discussions au sein de l’organisation.
L’ordre du jour économique de l’OCS est de même très chargé aujourd’hui. C’est dû au fait que le rythme de croissance mondiale ralentit et on est confronté à des dangers sur les marchés boursiers, a fait remarquer le ministre russe du développement économique Alexei Oulyukaev lors de la rencontre avec des journalistes à Oufa. Le FMI vient d’abaisser sa prévision de croissance mondiale pour 2015… « Le but de l’OCS est de relever ces défis, de créer un nouveau modèle économique qui soit préservé des crises. La Nouvelle banque de développement ouvrira la voie aux investissements. Le pool de réserves monétaires est appelé à réduire la dépendance des défis de l’économie globale  », a déclaré M. Oulyukaev à Oufa.
Les sommets historiques, c’est comme cela que plusieurs journaux y compris étrangers ont baptisé les réunions des chefs d’Etat des Brics et de l’OCS à Oufa.

Après l’adhésion de l’Inde et le Pakistan, celle de l’Iran est à l’ordre du jour.

Le politologue russe, spécialiste des relations russo-iraniennes, conseiller de l’adjoint du président de la Douma (chambre basse du parlement russe) Radjab Sapharov a souligné qu’une ambiance particulière dans laquelle se sont déroulés les sommets et leur importance peuvent être expliquées par le fait qu’ils se soient déroulés sur fond de discussion des problèmes concernant les intérêts de nombreux États de la région et du reste du monde, et à la fois parallèlement à la solution du problème nucléaire iranien à Vienne. En insistant sur le rôle majeur de la Russie dans les deux organisations, R. Sapharov a parlé des perspectives des Brics et de l’OCS sur la scène internationale : « Un nouveau centre de force commence à se former dans le monde suite à ces sommets, à savoir les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai. Je pense même qu’il y a tendance à l’unification de certaines fonctions de ces deux structures pour éviter qu’elles soient doublées ».

L’un des principaux résultats de la réunion de l’OCS à Oufa est le lancement de la procédure d’adhésion à cette organisation des deux puissances nucléaires que sont l’Inde et le Pakistan [4]. La candidature de l’Iran reste à l’ordre du jour, le pays est également attendu dans l’OCS dans un avenir proche, dès que les sanctions anti-iraniennes seront levées.


[1Oufa est la capitale et la plus grande ville de la république de Bachkirie dans le sud-ouest de la Russie.

[2L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) (en anglais : Shanghai cooperation organisation SCO), est une organisation intergouvernementale régionale asiatique qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays. Le 10 Juillet 2015, l’OCS décide d’admettre l’Inde et le Pakistan comme membres à part entière, qui devraient se joindre en 2016

[3selon wikipedia, Apollo Tyres est une entreprise de fabrication de pneumatiques indien, fondée en 1976. Le groupe est aujourd’hui le 16e pneumaticien au niveau mondial. Ses revenus atteignent 4,3 milliards d’euros en 2012. Les prévisions des ventes nettes de l’année 2013 atteignent 127,9 milliards de roupies. 65 % des revenus sont issus de l’Inde, 23 % de l’Europe et 12 % de l’Amérique du Sud. En termes de produits, les pneumatiques à destination des camions et bus représentent 48 % des ventes, automobiles 33 %, hors route 9 %, véhicules commerciaux légers 9 %1

[4lire l’article de Victoria Issaïeva : http://sptnkne.ws/zRX


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