Brésil, vers un retour du monde du travail à l’esclavage

vendredi 9 juin 2017
par  Ricardo Machado

Source | Autres Brésils - le 31 mai 2017
Par Ricardo Machado
Site d’origine : IHU On Line - 24 avril 2017
traduction Roger Guilloux, relecture Marion Daugeard


A partir de l’analyse de la structure actuelle du monde du travail brésilien, Ricardo Antunes explique pourquoi les réformes prévues vont plonger le pays 100 ans en arrière.
Analysant le monde actuel du travail au Brésil sous la perspective des mouvements politiques qui essaient de remettre en cause les conquêtes sociales des travailleurs brésiliens par le biais de réformes de la législation du travail et de la sécurité sociale, Ricardo Antunes [1], ne mâche pas ses mots pour définir la conjoncture actuelle. « Rendez vous compte que le projet de ce gouvernement frankenstein du PMDB - que je qualifie de gouvernement de sous-traitance, embauché pour détruire les droits du travail – contient une proposition de loi où seulement après 49 années de travail à temps complet, sans une journée chômée, les travailleurs et travailleuses auront droit à prendre leur retraite !

En réalité, c’est un procédé criminel. Et c’est là, la caractéristique même du gouvernement Temer » dit le professeur chercheur de l’Université d’État de Campinas, l’Unicamp, lors d’un entretien par téléphone à IHU On Line. « Le développement de la sous-traitance est une autre idée forte de ce gouvernement », ajoute-t-il.
À son avis, l’un des aspects prépondérants de cette organisation du travail est sa subordination au capital spéculatif. « Cela veut dire que la partie productive du capital financier, dans la mesure où ce dernier ne peut pas se passer du travail, veut que celle-ci s’organise sous la forme la plus dégradante, la plus dépréciée, celle de l’informalité, de la précarisation, de la flexibilité et de la dévastation de toutes les conquêtes du monde du travail  » estime-t-il.

Entretien avec IHU On Line

Comment peut-on définir le scénario actuel du monde du travail au Brésil ?

Ricardo Antunes – Le Brésil avance sous le commandement de ce que Florestan Fernandes  [2], a une fois appelé la « contre-révolution préventive » et qui s’est mise en place après le coup d’État qui a renversé Dilma et a conduit Michel Temer à la Présidence. Coup d’État parlementaire ayant bénéficié de fortes connivences au niveau judiciaire sans oublier un énorme appui des médias. Cette contre-révolution a pour objectif primordial de détruire toutes les conquêtes obtenues à partir du début du 20ème siècle au Brésil. La journée de travail de huit heures, le salaire égal à travail égal, le paiement des heures supplémentaires, tout ce qui, d’une certaine manière, a été consolidé dans la législation du travail de 1943, avec la Consolidação das Leis do Trabalho, la CLT. Tout cela est en train d’être détruit par l’actuel gouvernement, par le groupe qui s’est emparé de l’appareil d’État commandé par Temer et par un groupe de députés à la solde du capital dominé par le pouvoir financier. Et donc, l’objectif est de mettre en pièces la législation sociale qui protège le travailleur.

Et en ce qui concerne la Sécurité sociale, quel est son objectif ? Le premier est de démolir le système de sécurité sociale publique ; le second est d’inciter les travailleurs à migrer vers la sécurité sociale privée et donc de détruire la Sécurité sociale publique au Brésil. Cela vaut la peine de faire un détour par le Chili qui a privatisé sa Sécurité sociale à l’époque de la dictature militaire de Pinochet et, dans ce contexte, on disait que la privatisation serait quelque chose de bon, mais quel a été le résultat ? Le Chili doit faire face à un immense mouvement populaire contre la privatisation de la Sécurité sociale car les personnes arrivent à l’âge de la retraite mais ne peuvent pas la prendre. Rendez vous compte que le projet de ce gouvernement frankenstein du PMDB, que je qualifie de gouvernement de sous-traitance, embauché pour détruire les droits du travail, contient une proposition de loi où seulement après 49 années de travail à temps complet, sans une seule journée chômée, les travailleurs et travailleuses auront droit à prendre leur retraite. C’est en réalité, un procédé criminel. Et c’est là, la caractéristique même du gouvernement Temer.

Le développement de l’externalisation est une autre idée forte de ce gouvernement. C’est un retour à l’esclavage. Les travailleurs et les travailleuses pourront être engagés à temps partiel. Au Royaume Uni, en Angleterre notamment, il existe une modalité d’embauche qui s’appelle le zero hour contract (contrat zéro heure) où des médecins, avocats, professions libérales, employés dans le secteur des services, électriciens, aides à domicile, etc. sont appelés pour réaliser des activités ponctuelles. S’il y a du travail, ils sont appelés, sinon, ils ne sont pas rémunérés. Voilà le véritable scénario que l’on veut mettre en place au Brésil. En résumé, à une époque dominée par le numérique, l’informationnel et l’informatique, le gouvernement Temer veut légitimer le nouvel esclavage, également numérique, au Brésil. Seules les luttes sociales pourront l’empêcher et éviter que cet effondrement se réalise.

De quelle manière peut-on définir l’actuelle structure du travail au Brésil ?

Ricardo Antunes – La conception de la structure du travail essaie de rendre compte de l’hétérogénéité du travail dans notre pays, tout comme dans le reste du monde, d’ailleurs. Je travaille à l’heure actuelle en Italie, en tant que professeur visitant à Venise et je peux me rendre compte de cela dans cette ville où l’on retrouve les multiples facettes de ces modalités de travail. Ici, on trouve un énorme prolétariat dans le secteur des services, un énorme prolétariat d’immigrés dans le domaine du tourisme, en augmentation, principalement dans les hôtels et les restaurants. Ce sont les pauvres qui travaillent à Venise et qui habitent dans les îles voisines.

Mais qu’en est-il de la structure du travail au Brésil ? Il s’agit d’un ensemble composite et hétérogène et, comme disait Florestan Fernandes, qui configure la classe ouvrière et industrielle de centres tels que São Paulo, Rio de Janeiro, le Minas Gerais et certaines capitales du Nordeste. En plus, il existe un prolétariat rural qui en accentue l’hétérogénéité, avec l’agro-business, un mélange d’agriculture et d’industrie, un prolétariat qui travaille dans l’industrie du soja, de l’éthanol et même dans l’industrie alimentaire. C’est le cas, par exemple, du secteur de la viande de bœuf, de la viande de porc et de la volaille, secteur très développé dont les produits sont en bonne partie destinés à l’exportation. Il existe aussi un nouveau prolétariat dans le secteur des services et dont le rôle est de plus en plus important dans le processus de création et de participation en valeur ajoutée. Et qui fait partie de ce nouveau prolétariat du secteur des services ? Les personnes qui travaillent dans les centres d’appel, le télémarketing, les hypermarchés, l’industrie de l’hôtellerie, les livreurs  [3] , en d’autres termes, une myriade de travailleurs et de travailleuses qui se développe de manière exponentielle dans le monde urbain.
Plutôt que d’y voir l’arrivée d’une société post-industrielle - concept que je n’ai jamais utilisé car j’estime qu’il est équivoque - nous devons considérer la classe qui vit du travail, que ce soit dans l’industrie, l’agriculture, les services, l’agro-business ou de l’industrie des services comme celle qui constitue la classe des travailleurs au Brésil. C’est-à-dire, celle qui vend sa force de travail en échange d’un salaire pour survivre. Voilà ce qu’est la nouvelle restructuration du travail au Brésil.

Dans un contexte économique qui privilégie le capital spéculatif plutôt que le capital productif, de quel ordre sont les défis du monde du travail dans le cas du Brésil ?

Ricardo Antunes – C’est le capital financier, cette symbiose entre le capital industriel et bancaire qui s’est dédoublé, allant de la partie productive à un secteur fictif qui formate le monde du travail actuel à son image et à sa ressemblance. Puisque le capitalisme financier est le plus destructeur de tous les capitalismes, il sait qu’il ne peut pas se passer du travail car la base du capital financier est le monde de la production. En ce sens, le capital financier n’est pas la négation du monde productif, mais plutôt une forme supérieure en relation au capital productif, même si le capital financier ne peut exister sans ce dernier.
Cela veut dire que la partie productive du capital financier (dans la mesure où ce dernier ne peut se passer du travail) veut que celui-ci s’organise sous la forme la plus dégradante, la plus dépréciée, celle de l’informalité, de la précarisation, de la flexibilité et de la destruction de toutes les conquêtes du monde du travail qui se sont construites tout au long de décades et même de siècles de lutte. Le capital financier met au défi le monde du travail dans la mesure où il exige un monde du travail dégradant et c’est pour cela que la lutte des travailleurs doit être une lutte contre la société du capital, incluant tous les secteurs de la bourgeoisie. Un autre facteur est à prendre en considération. Même s’il existe déférentes composantes dans la classe bourgeoise, c’est le capital financier qui est aux commandes de telle sorte que la part du capital productif qui appartient désormais au capital financier, est à la remorque de ce dernier.
Et donc, l’illusion d’une bourgeoisie démocratique et progressiste, - telle que celle du mythe luliste  [4] de la conciliation des classes sociales et de l’appui à la bourgeoisie industrielle brésilienne – s’est montrée, une fois de plus, vouée au désastre, comme si 1964 n’avait pas suffi. Le monde du travail sous l’hégémonie de la finance se présente toujours comme un désastre.

La politique d’externalisation, sous les gouvernements de Lula et Dilma, a fait passer ce nombre d’emplois, de 4 millions à 12,7 millions. Y a-t-il, dans le projet actuel présenté par le Président Michel Temer, quelque chose de nouveau, une intensification de la sous-traitance ?

Ricardo Antunes – Oui, il y a des différences et il est important de les comprendre. J’ai été un critique sévère des gouvernements Lula et Dilma, des innombrables limitations qu’ils représentent en ce qui concerne ce qui aurait pu être fait au bénéfice du monde du travail au Brésil. Ces deux gouvernements sont restés en deçà de ce qu’ils auraient pu faire en matière de réformes structurales importantes. Il n’y a pas eu de réforme agraire, ni de réforme des finances, il n’y a pas eu de réforme urbaine. Bien au contraire, ce furent deux gouvernements d’expansion économique, de grands profits pour les capitaux, de transnationalisation de la bourgeoisie brésilienne, d’ouverture du Brésil au capital étranger, d’augmentation du capital intérieur et d’une petite valorisation du salaire minimal. De plus, une Bolsa Familia  [5] forme d’assistanat, aux objectifs très limités, qui, tout au plus, n’a permis que de réduire un peu les poches de misère dans les endroits les plus pauvres.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de différences entre les gouvernements Lula et Dilma, d’une part, et l’actuel gouvernement Temer. Il y a eu une augmentation des emplois externalisés sous les gouvernements du Parti des Travailleurs, le PT, en raison d’une croissance économique significative. Nous savons que l’une de particularités que Lula cite comme étant un apport de son gouvernement, c’est la croissance économique qui s’est produite à la fin de son premier mandat, durant le second et, également au début du premier mandat de Dilma. Ces deux gouvernements ont créé 22 millions d’emplois. Et c’est principalement le secteur de la sous-traitance qui en a bénéficié. Ceci a pu se réaliser en raison d’une brèche dans la législation qui a autorisé l’externalisation des activités ne relevant pas du cœur du métier.
Le projet de Temer est profondément destructif, c’est une reddition totale au capitalisme le plus destructif car il autorise l’externalisation de toutes les activités, dans tous les domaines, y compris dans le secteur public. Cela signifie la destruction des conditions de travail au Brésil et une régression beaucoup plus grande, puisqu’il s’agit d’une régression d’une législation – qui était déjà mauvaise puisque, si elle maintenait les emplois spécifiques à l’intérieur de l’entreprise, elle permettait l’externalisation des autres activités. Maintenant, c’est bien pire.

J’ai toujours été opposé à l’externalisation et j’ai défendu l’idée que la classe ouvrière devait s’y opposer car l’externalisation avilit davantage encore le travail. Ce nouveau projet est déjà un fléau total. S’il ne subit pas une défaite à un moment ou à un autre, lors de la grève générale du 28 avril prochain qui va avoir une grande importance pour montrer la capacité de mobilisation de la classe ouvrière, ce projet signalera le retour à l’esclavage au Brésil. Ce projet prétend instaurer au Brésil, un modèle indien, avec d’un côté des conditions brutales de croissance de type exponentiel de la misère et de l’autre une classe bourgeoise richissime calfeutrée à l’intérieur de ses copropriétés fermées dont la sécurité est garantie par des polices privées. Voilà ce qu’est le projet de Temer et c’est pour cela qu’il doit être rejeté.

Étant donné l’avancement des projets en cours concernant les réformes de la législation du travail et de la Sécurité sociale, quel est l’avenir du travail au Brésil ? Existe-t-il une possibilité de retrouver des conditions plus favorables aux travailleurs ?

Ricardo Antunes – Seule, la lutte des travailleurs, des sans-toits, des sans-terres, des gens des périphéries, des communautés indigènes, des blancs, des noirs, de la jeunesse nous permettra d’avancer. Ce n’est que par l’amplification de cette lutte que nous pourrons redonner des conditions de vie meilleures à la classe ouvrière. Ce progrès, cette amplification et radicalisation des luttes sociales ont comme deuxième objectif principal d’éliminer, de mettre fin, de changer complètement ce Parlement brésilien. L’actuel Congrès est le pire de toute l’histoire républicaine du Brésil.
Au cours de l’histoire de notre pays, nous n’avons jamais eu un Parlement aussi servile, aussi pourri. C’est d’une telle violence que, tout en étant en Italie, j’ai lu dans la Folha de São Paulo, qu’une grande partie des députés impliqués dans l’opération Lava Jato a fortement augmenté son patrimoine. Nous sommes face à un Parlement du pillage amplifié et généralisé. Nous savons qu’il y a des exceptions, ceux qui n’apparaissent ni dans la liste des caisses noires, ni dans les systèmes de corruption, ni dans les relations incestueuses avec les entreprises.

Une action radicale devient donc nécessaire pour reconfigurer la structure politique brésilienne. Avec ce Parlement, ce Sénat, ce pouvoir exécutif et ce pouvoir judiciaire, il n’est pas possible d’avancer. Le pouvoir judiciaire est également symptomatique de cette situation. Nous vivons un double processus où il existe une judiciarisation de la politique (le pouvoir judiciaire s’immisce dans les affaires politiques) et une politisation de la justice de telle sorte que des membres proéminents du pouvoir judiciaire sont engagés dans la bataille politique conservatrice et de contre-révolution. La relation incestueuse de Ministres du Tribunal Suprême avec le gouvernement Temer, avec les grands chefs d’entreprises, montre qu’il existe un processus de contamination de l’Exécutif, du Législatif et du Judiciaire, une situation que la population ne supporte plus.

Cela veut dire que la manière de redonner des conditions de vie plus favorables à la classe des travailleurs, consiste à penser, à réfléchir en profondeur sur les éléments et les questions qui sont au centre de la vie quotidienne. Il est inacceptable que, suite à la réforme de la Sécurité sociale, le travailleur brésilien risque de mourir avant d’atteindre l’âge de la retraite. Il est impensable que l’on revienne au travail esclavagiste au Brésil. A un autre niveau, il est nécessaire de repenser une action politique de contenu et de radicalité qui redessine le rôle et le fonctionnement des institutions brésiliennes. Les défis qui nous attendent ne sont pas petits, au contraire, ils sont vitaux.

La conjoncture actuelle d’une politique destructive et d’un gouvernement dont la décomposition s’aggrave chaque jour, nous place devant un scénario imprévisible. En 2017 et 2018 nous connaîtrons de nombreux conflits et pour cette raison, la mobilisation du 28 avril est significative. Cette grève générale doit se transformer en un mouvement suffisamment fort pour faire comprendre à l’Exécutif, au Sénat, à la Chambre des Députés et au Judiciaire que tout ce qui a été conquis par la classe ouvrière au cours des 70 dernières années ne peut être détruit au pire moment politique que traverse le Brésil, le moment actuel.


[1Ricardo Antunes est professeur titulaire de sociologie du travail à l’Université d’État de Campinas, UNICAMP. Auteur de livres tels que Os sentidos do trabalho [1] (Ed. Boitempo, publié également en Italie, en Angleterre, en Hollande, aux États-Unis, au Portugal, en Inde et en Argentine) ; Adeus ao Trabalho ? (L’Adieu au Travail) (Ed. Cortez, publié également en Italie, en Espagne, en Argentine, en Colombie et au Venezuela) et Riqueza e Miséria do Trabalho no Brasil (sous la direction de, Ed Boitempo), Volumes I, II et III. Il dirige les Coleção Mundo do Trabalho chez Boitempo et Trabalho e Emancipação chez Expressão Popular. Il est actuellement professeur visitant à l’université Ca’Foscari de Venise.

[2Florestan Fernades : sociologue brésilien

[3Motoboy : jeunes gens employés par des entreprises et qui se déplacent en moto pour transporter des objets de petite dimension (lettres, documents, petits paquets, repas, …)

[4Luliste : terme dérivé du nom de l’ancien Président Lula

[5Bolsa família : mis en place par le gouvernement Lula au début de l’année 2004, c’est un programme de redistribution des revenus en direction des familles en situation de pauvreté


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