États-Unis, Russie, Europe, Moyen Orient : quel avenir ?

mardi 3 novembre 2015
par  Général Jean-Bernard PINATEL

Source | Géopolitique-Géostrategie - le 23 octobre 2015


Le Général Jean-Bernard PINATE a écrit son premier livre en 1976 intitulé : « la guerre civile mondiale ») dans lequel il soutenait la thèse que la dissuasion nucléaire interdisait toute guerre-Est-Ouest et qu’au contraire nous serions dans le futur, pour de multiples raisons, confrontés à des guerres Nord Sud qui prendraient la forme du terrorisme.
Ce livre l’a fait remarquer par l’entourage du Président de la République de l’époque Monsieur Giscard D’Estaing et qui l’a chargé en 1976 avec trois autres personnes de créer le Groupe permanent d’évaluation des situations, le GPES, dont la mission était d’évaluer le renseignement français concernant les crises dans lesquelles nos forces étaient engagées et de présenter des options stratégiques au Président de la République. Depuis lors, il a écrit trois autres livres dont le dernier « Carnet de crises et de guerres » paru en Mai 2014, reprend tous ses écrits et interviews publiés sur son blog "Géopolitique-Géostratégie".
Genève, octobre 2015 : Participant au « Forum des gestionnaires de patrimoines », le Général Jean-Bernard PINATEL, répond aux questions posées - les relations Russie-États-Unis, la stabilité mondiale, l’avenir des relations Europe-Russie, sur la question du Moyen Orient et sur le djihadisme. Voici le texte de son intervention.

La Russie représente-t-elle une menace pour la stabilité mondiale ?

Le fait que l’on m’ait posé cette question est très significatif car cela reflète la vision que les leaders d’opinion et les médias influencés par les États-Unis ont réussi à nous imposer et que le Général de Gaulle décrivait ainsi en 1962 : « Le grand problème, maintenant que l’affaire d’Algérie est réglée, c’est l’impérialisme américain. Le problème est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les têtes. » [1]

Une observation objective des faits démontre que depuis la chute du mur de Berlin, c’est la politique extérieure américaine et la vision que le complexe militaro-industriel a des intérêts des États-Unis qui menace la stabilité de l’Europe et du Moyen-Orient.
Pour défendre cette thèse si contraire au point de vue dominant, il est essentiel de rappeler l’intervention américaine dans les trois conflits qui ont eu lieu depuis 1990 en Europe et au Moyen-Orient et qui ont contribué à générer et à développer les menaces islamiques actuelles.

Ces rappels historiques permettent de relativiser le rôle de la Russie. Dans cette perspective, le rattachement de la Crimée à la Russie apparait comme une riposte d’une Russie directement visée par les agissements américains qui cherchent à élargir l’OTAN jusqu’à ses frontières, contrairement aux engagements du secrétaire d’Etat américain James Baker envers le Président Mikhaïl Gorbatchev en février 1990 [2].
Pour mémoire la Russie avait enlevé la Crimée à l’empire Ottoman en 1848 (date du rattachement de la Corse à la France, Corse qui appartenait à la principauté de Gènes).

Parcourons rapidement ensemble les 70 dernières années qui ont vu le système international évoluer d’un duopole soviéto-américain à une primauté sans partage des États-Unis depuis 1990.
Le 6 août 1945, il y a exactement soixante-dix ans, les États-Unis utilisaient pour la première fois l’arme nucléaire contre les populations civiles d’Hiroshima, accélérant la victoire contre le Japon dont ils avaient été les principaux artisans.
À l’Ouest ce sont les soviétiques et les anglais qui supportèrent l’essentiel du poids de la guerre contre l’Allemagne même si les commémorations du débarquement veulent en projeter une image différente. Les français furent associés aux deux capitulations du Japon et de l’Allemagne grâce à l’habileté politique du Général de Gaulle qui avait su se faire deux alliés de Churchill et de Staline et cela malgré l’opposition de Roosevelt qui avait tout fait pour écarter la France qu’il souhaitait placer sous administration américaine [3].
Je voudrais vous rappeler que le Général de Gaulle n’a jamais voulu commémorer le 6 juin.
44 ans plus tard, le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s’écroulait et annonçait, avec la chute du régime soviétique, la fin du condominium soviéto-américain sur le monde.
À partir de cette date et jusqu’à aujourd’hui, le système international est dominé par une seule superpuissance, les États-Unis, qui mènent une stratégie globale pour conserver sans partage cette primauté en utilisant tous les moyens de la puissance à leur disposition et en premier lieu la puissance militaire et le renseignement.
Quelques chiffres permettent de concrétiser cette domination [4] : le budget américain de la Défense était de 640 milliards de dollars en 2013, supérieur au total des 9 autres budgets des pays suivants dont ceux de la Chine 188 milliards, de la Russie 88 milliards et la France 61 milliards (parité euros dollars de 2013). Quant au budget des 16 agences de renseignement américain, il est équivalent au total du budget militaire de la Russie soit 76 milliards de dollars [5] en 1973.

Quels ont été les actions des États-Unis qui ont porté atteinte à la stabilité mondiale depuis la chute de l’empire soviétique ?

La première concerne directement la menace djihadiste actuelle en Europe. Elle a pour origine le candidat Bill Clinton et son entourage qui croyaient possible de construire une société pluriethnique en Bosnie-Herzégovine s’il s’établissait un rapport de forces équilibré entre les différentes communautés ethniques et religieuses. Al Gore, lors de leur campagne électorale de 1992, s’était engagé à lever l’embargo décrété par l’ONU, pour les armes à destination de la Bosnie-Herzégovine. Une fois au pouvoir, entre 1993-1994, les hommes du Président Clinton ont organisé au profit des bosniaques, et à l’insu des forces l’ONU déployées sur place, des livraisons d’armes en provenance de l’Arabie Saoudite, de l’Iran et du Soudan par l’entremise d’une ONG bosniaque, la TWRA [6], puis directement par la CIA lorsqu’ils eurent remplacé son directeur, Robert James Woolsey, qui n’y était pas favorable.

L’OTAN par laquelle transitaient les rapports des observateurs de l’ONU, a désinformé l’opinion européenne sur la réalité de ce conflit en faisant pression sur les chefs des casques bleus dont le Général Français Bertrand de Lapresle pour qu’ils réécrivent leurs rapports qui rendaient compte de l’action illicite des services américains.
Cette désinformation organisée par Washington a permis d’engager l’OTAN dans la guerre contre la Serbie, sans aucun mandat de l’ONU [7] et avec l’appui des populations européennes. Ce conflit a permis l’éclosion d’un djihadisme bosniaque qui a ensuite essaimé en Europe, en Tchétchénie et au Moyen-Orient (ainsi les pilotes de l’avion du 9/11 qui s’est écrasé sur le Pentagone étaient d’origine bosniaque et 4 membres des 6 membres du « gang de Roubaix » qui étaient liés au réseau islamique Kamel avaient combattu en Bosnie). [8]

La deuxième atteinte à la stabilité mondiale a pour origine la décision de Bush d’envahir l’Irak en 2003 en trompant ses alliés sur la présence d’armes de destruction massives . Bush et son entourage ont menti publiquement à 532 occasions séparées ont recensé 2 journalistes américains. Entre mars 2003, et l’été 2006, cette guerre injustifiée a coûté la vie à environ 600 000 civils irakiens et 1,6 millions sont devenus des réfugiés4. C’est en Irak que l’Etat islamique (Daesh) est apparu, c’est structuré en bénéficiant de l’apport de cadres sunnites des services de renseignement et de la garde républicaine de Saddam Hussein. Et a forgé ses modes d’action en luttant contre l’occupation américaine.

La troisième atteinte à la stabilité mondiale est toujours en cours aujourd’hui avec la crise Ukrainienne. En effet, les stratèges américains depuis la chute du mur en 1989 n’ont qu’une seule crainte : la création d’un grand ensemble européen incluant la Russie qui leur contesterait le leadership mondial. L’ancien conseiller national à la sécurité des États-Unis, Zbigniew Brzezinski, publia en 1997 sous le titre « Le grand échiquier » un livre où il soutenait la thèse que« Pour l’Amérique l’enjeu géopolitique principal est l’Eurasie ». Il explicitait ainsi sa pensée [9] : « Si l’Ukraine tombait, écrivait-il, cela réduirait fortement les options géopolitiques de la Russie. Sans l’Ukraine et ses 52 millions de frères et sœurs slaves, toute tentative de Moscou de reconstruire l’empire eurasien menace d’entraîner la Russie dans de longs conflits avec des non slaves aux motivations nationales et religieuses. »
Entre 2002 et 2009, grâce aux cables diplomatiques américains que Wikileaks a dévoilé, nous savons aujourd’hui que les États-Unis ont ainsi dépensé des millions de dollars afin d’aider l’opposition ukrainienne à accéder au pouvoir [10]. Ils témoignent aussi de l’effort constant et de la volonté continue des États-Unis d’étendre leur sphère d’influence sur l’Europe de l’Est et notamment en Ukraine via l’OTAN.
Mais ces désinformations souvent grossières ont fini par irriter en 2014 et 2015 plusieurs généraux européens et un ambassadeur français qui ont exprimé publiquement leurs doutes sur les informations publiées par les américains, l’OTAN et les autorités ukrainiennes.

Le Général français Christophe Gomart, directeur du renseignement militaire [11], le général Polonais Skrzypczak, conseiller du ministre de la Défense, le Général Allemand Harald Kujat ancien chairman du comité militaire de l’OTAN et l’ancien ambassadeur de France à Moscou Jean de Glinasty ont dénoncé en 2014 et 2015 les désinformations des États-Unis via l’OTAN et celles du gouvernement ukrainien sur la réalité de ce qui se passe sur le terrain.

Last but not least, grâce à Wikileaks, il est devenu de notoriété publique que les États-Unis s’arrogent le droit d’espionner les dirigeants de leurs meilleurs alliés comme François Hollande et Angela Merkel. Comment ne pas penser que la connaissance des conversations les plus intimes de ces dirigeants ne donne pas au dirigeants américains un pouvoir de pression efficace sur eux ?
Aujourd’hui, tant en Allemagne qu’en France de nombreux dirigeants politiques prennent de plus en plus conscience que nous ne partageons pas toujours les mêmes intérêts que les États-Unis sur des dossiers qui intéressent directement notre sécurité. Ils sont convaincus que si l’Europe n’envisage pas de manière autonome la résolution des conflits qui menace sa sécurité elle en subira les terribles conséquences alors que les États-Unis, plus éloignés, en titreront bénéfice.

Quel avenir pour les relations entre l’Europe et la Russie ?

Avec la Russie, outre un intérêt économique commun, l’Europe a à résoudre la même difficile équation que la Russie : éviter que les 40 millions de musulmans (15 millions en Europe ; 25 millions en Russie) qui vivent en paix sur les sols européens et russes ne deviennent les victimes de la radicalisation islamique.
Ce risque est aujourd’hui totalement d’actualité avec l’enracinement de l’Etat Islamique rn Syrie et en Irak et cela nous amène à la deuxième question à laquelle je vais essayer de répondre.

Qu’est-ce qui permet l’enracinement de Daech au Moyen-Orient ? Comment vaincre cette organisation terroriste ?

Répondre à cette question c’est mettre en lumière les facteurs déterminants de la stratégie victorieuse de Daech face à l’indétermination stratégique occidentale écartelée entre des objectifs inconciliables.
En effet, le califat, un an après sa proclamation par Abou Bakr al-Baghdadi, révèle un quadruple échec.
En premier lieu l’échec de la stratégie politique et militaire américaine en Irak.
Politique d’abord, avec le choix d’un premier Ministre, Al Maliki, qu’ils ont mis en place en 2006 et ont soutenu jusqu’en 2014, le laissant exercer un pouvoir sans partage et fondé exclusivement sur la communauté chiite. Ils ont ainsi fermé les yeux lorsqu’il a bafoué la constitution de son pays, pourtant inspiré par eux, en n’attribuant pas les ministères importants (intérieur et défense) qui devaient être dévolus constitutionnellement aux Sunnites et aux Kurdes. Militaire ensuite. En effet, depuis sa reformation par les américains, la nouvelle armée irakienne, dont Al Maliki se méfiait, était mal équipée, gangrenée par la corruption, le népotisme, la formation insuffisante, l’absence de moral et la volonté de se battre.

Militaire ensuite, ce n’est pas l’aviation américaine mais les milices shiites, (dirigées, encadrées, formées et équipées par l’Iran et appuyées par des Iraniens et des libanais du Hezbollah avec le général iranien Soleimani [12] à leurs têtes) qui ont sauvé Bagdad, repoussé Daech à l’Ouest du Tigre et qui ont représenté plus des 2/3 des forces engagées dans la reconquête de Tikrit.

Enfin, si les frappes de la coalition ont un certain effet d’attrition sur les forces de Daech, sans forces terrestres en état de se battre, cet effet reste limité et est obtenu au prix de dégâts collatéraux importants sur civils, les habitations et les infrastructures, engendrant la colère des populations sunnites locales.
Echec également des monarchies gériatriques du Golfe Persique qui ont contribué à l’émergence de Daesh dans le but de renverser le régime bassiste et alaouite d’Assad et de le remplacer par un pouvoir sunnite ami. Aujourd’hui Daesh, en contrôlant le gouvernorat d’Al Anbar et les 420 km de frontière commune avec l’Arabie Saoudite, menace ce royaume qui se méfie de son armée, de sa minorité chiite (d’où la condamnation à la décapitation et à la crucifixion du jeune Mnir, un shiite à qui il est seulement reproché d’avoir manifesté contre le régime à 17 ans), méfiance aussi de la moitié de sa population qui est étrangère et enfin Royaume qui est en guerre sur ses frontières Sud avec les rebelles Hutis, d’obédience shiite.

Échec de la Turquie qui considère les kurdes dont 15 millions sont citoyens turcs comme sa première menace et qui laisse sa frontière ouverte à Daesh, offrant une base arrière aux djihadistes pour vendre leur pétrole, se ravitailler en armes et munitions et soigner leurs combattants [13]. Erdogan a espéré ainsi renverser Assad et restaurer l’influence séculaire de la Turquie sur la Syrie.
Echec de l’Europe et, au premier lieu Francois Hollande, qui a cru à un printemps arabe alors que je soutenais dans mes écrits des 2012 qu’il s’agissait en Syrie des prémices d’une guerre civile confessionnelle initiée et financée par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie. Et la guerre civile comme l’a très bien dit Corneille « est le règne du crime » des 2 cotés.Is’est trompé sur la capacité de durer du régime d’Assad et en le diabolisant il est pour moi co-responsable du départ de plusieurs milliers de jeunes djihadistes français en Syrie et du flux de migrants actuel, générant, par effet boomerang, une menace terroriste sur notre territoire qui va faire que s’accroitre . Il a encore persisté dans son erreur il y a 2 jours à l’ONU, isolant la France et fournissant une preuve de plus de sa morale à géométrie variable, défenseur ardent des droits de l’homme en Syrie et pratiquement silencieux quand il s’agit de ses amis saoudiens.
Les seuls gagnant à l’heure actuelle sont les Kurdes, l’Iran et la Russie.
Vainqueurs en Irak dès lors qu’ils étaient correctement équipés, les Peshmergas ont clairement démontré leur valeur militaire. Vainqueurs en Syrie où, malgré l’attentisme Turc, et avec l’aide des frappes américaines, ils ont repris Kobané. Vainqueurs en Turquie où, pour la première fois, ils rentrent en masse au Parlement et deviennent désormais une force politique avec laquelle Erdogan devra compter même s’il essaie par des élections anticipées et en relançant la guerre contre le PKK, de diaboliser les Kurdes et obtenir ainsi la majorité qu’il souhaite pour instaurer en Turquie un régime présidentiel.
L’Iran ensuite. C’est l’engagement des milices iraniennes sur le sol irakien qui ont sauvé Bagdad. Confrontés à la déroute de l’armée irakienne à Ramadi, capitale du gouvernorat d’Al Anbar, les américains, pragmatiques, ont compris que sans l’appui terrestre iranien ils n’arriveraient pas à vaincre Daesh.
Alors qu’il se refuse toujours à engager des troupes au sol, l’accord préliminaire sur le nucléaire iranien témoigne d’une modification de la stratégie d’Obama confronté au risque de perdre son investissement irakien [14] et de voir son allié saoudien directement menacé.
La Russie, enfin. C’est le pays qui connait le Moyen-Orient et la radicalisation islamique bien mieux que les États-Unis et les Européens grâce, notamment à toute génération de responsables formés par Evgueni Primakov, le Laurence Russe.
La Russie, riverain de la Caspienne est l’allié naturel de l’Iran shiite et donc du régime alaouite syrien. Sa seule base navale en méditerranée est à Tartous.
La Russie n’a jamais cru à un printemps arabe et savait comme moi que le régime Assad était solide car pour les minorités religieuses 35% de la population syrienne qui vivaient en Paix, l’arrivée au pouvoir des salafistes financés par l’Arabie Saoudite, le Qatar et aidés par la Turquie c’était l’exil ou la mort. Poutine a compris qu’un an après l’échec de la stratégie du ni ni occidental (ni Daesh ni Assad) et d’une intervention strictement aérienne c’est l’heure de la Russie.
Nous sommes donc face à 2 options stratégiques
Soit la Russie se borne à une action défensive d’aide à l’armée syrienne c’est-à-dire interdire la progression de Daesh au Sud d’une ligne Tartous Homs Palmyre et obtient une coordination des efforts de toutes les parties prenantes au moins au niveau opérationnel. Alors battre Daech est possible et demandera encore du temps car tant que les conditions politiques d’une victoire ne sont pas remplies, les frappes aériennes sont relativement inefficaces contre un ennemi totalement imbriqué dans la population.

Quelles sont donc les conditions politiques nécessaires à la mise en œuvre d’une stratégie gagnante contre Daech ?

1) exiger de la Turquie, membre de l’OTAN, qu’elle ferme sa frontière à Daech et cesse ses frappes contre les Kurdes.
2) stopper les actions de déstabilisation du régime d’Assad jusqu’à l’éradication du califat et notamment arrêter le soutien occidental aux résidus d’Al Nostra et de l’Armée Syrienne libre.
3) faire pression auprès du gouvernement irakien pour une mise en œuvre effective du programme de réconciliation nationale.
4) mettre en place auprès des Peschmergas et des milices iraniennes et irakiennes des contrôleurs aériens avancés pour optimiser l’efficacité des frappes aériennes durant les offensives.
5) ne pas trop compter sur une reconstruction rapide de l’armée irakienne tant que ne seront pas votées les deux lois d’amnistie générale et de fin de la débassification.
Autre option : Poutine estime que les conditions politiques sont réunies pour lui permettre d’adopter une attitude offensive et engage des troupes au sol. Alors tout peut aller plus vite.

Affaire à suivre et essentielle pour notre sécurité car éradiquer Daesh au Moyen-Orient permettrait d’éviter l’amplification du terrorisme chez nous.


[1Tiré du tome 2 de l’ouvrage C’était de Gaulle, d’Alain Peyrefitte, paru en 1997 chez Fayard (Editions de Fallois), page 17.

[2Cette promesse se situe au cours de l’échange qui a lieu au Kremlin le 9 février 1990 entre le secrétaire d’Etat américain, James Baker, et le dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. Après une large discussion sur le futur statut d’une Allemagne unifiée, Gorbatchev promet de « réfléchir à tout ça » en ajoutant : « Il est entendu, c’est clair que l’élargissement de la zone de l’OTAN est inacceptable. » Et Baker de conclure : « Nous sommes d’accord avec cela. »

[3De Gaulle n’a jamais célébré le débarquement du 6 juin. Pourquoi ? Il déclarait à Peyrefitte en 1964 : «  La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué d’Alger à Londres, le 4 juin, il m’a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. Et il m’a annoncé le débarquement, sans qu’aucune unité française n’ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement. Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne  ».

[4Le budget de Défense américain représentait en 2013 640 milliards de dollars autant que le Budget réuni des 9 pays suivants : Chine 188, Russie 88, Arabie Saoudite 67, France 61, Grande-Bretagne 58, Allemagne 49, Japon 49, Inde 48, Corée du Sud 33. Source SIPRI.

[5En savoir plus sur « Le Monde ».

[6Son directeur, Irfan Ljevakovic, est un ancien dirigeant de la Third World Relief Agency (TWRA), une structure « humanitaire » créée en 1987 par un Soudanais, Fatih al-Hassanain. Outre Irfan Ljevakovic, on trouve parmi les dirigeants de TWRA plusieurs compagnons de longue date de l’ancien Président Izetbegovic, comme Hasan Cengic. L’homme était durant la guerre mufti de Zagreb, un carrefour essentiel pour l’approvisionnement de la Bosnie en armes et en combattants. Après la guerre, il fut d’ailleurs durant quelques mois, ministre de l’Armement.

[7Sur le point précis de la possession d’armes de destruction massives par l’Irak, en au moins 532 occasions séparées (discours, briefings, interviews, conférence de presse), Bush et trois de ses proches collaborateurs Colin Powell, secrétaire d’Etat, Paul Wolfowitz, secrétaire d’Etat à la Défense et les responsables presse de la Maison Blanche Ari Fleischer et Scott McClellan ont affirmé que « l’Irak en possédait ou était en train d’essayer de les produire ou de les obtenir en liaison ou non avec Al Qaeda » False Pretenses, by Charles Lewis and Mark Reading-Smith, January 23, 2008, Center for public Integrity et du Fund for independence in journalism. http://projects.publicintegrity.org/WarCard/.

[8Lire à ce sujet « Comment le Djihad est arrivé en Europe », Jürgen Elsässer, Xenia, 2006, pages 105 à 110.

[9Traduit de : Zbigniew Brzezinski : « Die einzige Weltmacht – Amerikas Strategie der Vorherrschaft », Fischer Taschenbuch Verlag, pp.15/16

[10Le National Endowment for Democracy (NED) (en français, Fondation nationale pour la démocratie) est une fondation privée à but non lucratif des États-Unis dont l’objectif déclaré est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde[1]. La plus grande part de ses fonds provient du département d’État des États-Unis, avec approbation du Congrès. L’ancien directeur de la CIA, William Colby, déclarait en 1982, dans le Washington Post, à propos du programme de la NED : « Il n’est pas nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui […] étaient menés en sous-main, peuvent désormais l’être au grand jour, et par voie de conséquence, sans controverse  ». William I. Robinson, Promoting Polyarchy : Globalization, US Intervention, and Hegemony [archive], Cambridge university Press, 1996, 466 p., pp. 87-88.

[11Devant la commission des AE et de la défense de l’Assemblée Nationale mars 2015,le général Gomart déclare « L’OTAN avait annoncé que les Russes allaient envahir l’Ukraine alors que, selon les renseignements de la DRM, rien ne venait étayer cette hypothèse – nous avions en effet constaté que les Russes n’avaient pas déployé de commandement ni de moyens logistiques, notamment d’hôpitaux de campagne, permettant d’envisager une invasion militaire et les unités de deuxième échelon n’avaient effectué aucun mouvement. La suite a montré que nous avions raison car, si des soldats russes ont effectivement été vus en Ukraine, il s’agissait plus d’une manœuvre destinée à faire pression sur le président ukrainien Porochenko que d’une tentative d’invasion ».

[12Le major général Soleimani, 58 ans dirige depuis 1998 Al-Qods, force d’intervention extérieure (à l’image de nos forces spéciales) de l’Iran. Chef brillant tacticien et charismatique, sa force est destinée à soutenir les chiites au Moyen-Orient. C’est lui qui contribue à bâtir la branche armée du Hezbollah libanais. En 2012, il engage les forces armées d’Al-Qods dans le conflit syrien et en 2015 au Yémen.

[13AlahedNews

[14|« Globalement les américains ont dépensé davantage à ce jour en Irak depuis mars 20 que pour l’ensemble du deuxième conflit mondial » Général Vincent Desportes, La guerre probable, Economica, octobre 2009 page 12.


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